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26/03/2008

Le Familistère GODIN

Ce 18 mars, debout à 5 h 30 car nous partons très tôt d'ERMONT pour nous rendre à GUISE où nous devons visiter le Familistère GODIN, le matin et après déjeuner au restaurant, nous découvrirons une église fortifiée puis une ferme où l'on fabrique et affine le MAROILLES, QUEL PROGRAMME !

GUISE est le chef lieu de canton de l'Aisne, au bord de l'Oise, dans la Triarche ; elle a eu trois illustres habitants, le Duc de Guise, Camille Desmoulins et Jean-Baptiste André GODIN (1817-1888)

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qui a 17 ans 1/2 parti parcourir la France en compagnonnage pour devenir serrurier et ceci pendant la révolution industrielle, pendant 2 ans 1/2 ; c'est là qu'il découvrit la misère ouvrière mais la solidarité entre compagnons.
En 1840 il se marie et grâce à la dot de sa femme et à l'argent qu'il possède il installe son premier atelier avec 2 ouvriers dans son village natal d'Esqueheries. Il fabrique des appareils de chauffage puis invente un appareil en fonte et achète des brevets de chauffage et cuisson. En 1846 il installe une manufacture modeste au nord de la Ville de Guise avec 30 ouvriers, 10 ans après ils seront 300 puis 1500. Il agrandira son usine au fur et à mesure (3ha en 1880).
C'est un socialiste utopiste qui suivra la doctrine de Charles FOURIER philosophe utopiste qui a créé un phalanstère (association des phalanges) ; lui créera un familistère pour offrir les "équivalents de la richesse" aux familles des employés. Il va construire à côté de son usine le "Palais social" d'habitation collective qui deviendra la propriété actionnaire de ceux qui l'habitent lors de la fondation de l'Association Coopérative du Capital et du Travail, Société du Familistère de Guise Godin en 1880.
L'usine et le Palais fonctionnent selon des statuts coopératifs jusqu'en 1968 ; l'Association est alors dissoute, transformée en société anonyme GODIN S.A. qui conserve l'ensemble industriel et cède le complexe domestique.
Les bâtiments annexes et le jardin deviennent la prorpiété de la ville de Guise tandis que les logements sont vendus à des propriétaires privés occupants ou bailleurs.
Depuis 2000 le Conseil général de l'Aisne a entrepris un grand programme de conservation et de valorisation du Familistère qui comprend la restauration des édifices, la restructuration de l'habitat et la création d'une musée de site.
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Place du Familistère et pavillon central édifié entre 1862 et 1864
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situés de l'autre côté de la place, face au pavillon central, le théâtre et les écoles formant un groupe architectural consacré à l'éducation intégrale et permanente des habitants
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au nord du Palais social se trouvait la nourricerie (jusqu'à 2 ans) et le pouponnat (jusqu'à 6 ans âge de l'école obligatoire et laïque), sa construction a été achevée en 1866 mais le bâtiment a été détruit en 1918
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maquette de l'ensemble du palais social avec au fond l'usine
on voit les trois pavillons en face le théâtre et les écoles, plus loin l'économat et la taverne
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maquette de l'usine
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on voit sur cette maquette le palais social, le pont sur l'Oise puis sur la gauche la buanderie et la piscine,
derrière le jardin d'agrément et tout un tas de petits jardins ouvriers
puis, après la route c'est la partie usine
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aile droite du palais élevée en 1877 (350 familles logent au Familistère en 1878, soit 1200 individus)
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Chaque logement donne sur l'extérieur et sur une cour intérieure vitrée, lieu de rassemblement quotidien des élèves des écoles, scène des manifestions publiques comme la fête de l'enfance ou la fête du Travail, célébrée au Familistère le 1er dimanche de mai depuis 1867.
il possède au minimum 2 pièces (pour 5 personnes la superficie est de 60 m2).
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coin salle à manger
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comportant un grand placard
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la cheminée avec sa cuisinière en fonte qui chauffe également la pièce et fournit de l'eau chaude
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avec un coin couchage
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dans un cagibit on trouve la souillarde
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un autre cagibit sert de débarras
Jean-Baptiste GODIN a habité le Palais social dès la construction de l'aile gauche, après 1877 il déménagera au 1er étage de l'aile droite dans un grand appartement.
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vue du pont sur l'Oise
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puis nous arrivons au bâtiment de la buanderie-piscine. Un réseau de canalisations conduisait les eaux chaudes des machines à vapeur de l'usine jusqu'au bâtiment construit en 1870
L'édifice comprend un atelier collectif de lessive, surmonté d'un séchoir, et une piscine ainsi que des cabinets de bains
Le bassin d'apprentissage de la natation est constitué d'un plancher mobile permettant de faire varier la profondeur de l'eau en fonction de la classe d'âge des apprentis nageurs.
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vieux poele en céramique
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poële en fonte
en 1968 l'usine a fait faillite, elle a été rachetée par LE CREUSET puis en 1988 par les Cheminées PHILIPE elle fait travailler 400 ouvriers à l'heure actuelle et est entièrement robotisée
En 1991 les façades du Familistère ont été classées aux Monuments Historiques et en ce moment le Conseil régional a entamé les démarches pour que l'ensemble soit classé afin de permettre la rénovation de l'ensemble plus rapidement, les écoles fonctionnent encore.
C'est une expérience unique au monde qui n'a pas fonctionné aux Etats Unis où elle a été tentée en 1855 au Texas (Monsieur GODIN a perdu tous les fonds qu'il avait investi dans l'affaire) ni en Balgique où là encore Monsieur GODIN avait participé à l'implatation d'un Familistère

14/02/2008

Quand Versailles était meublé d'argent

 
Aujourd'hui, nous nous dirigeons vers Versailles où nous visiterons : le matin, le petit Théâtre de la Reine et nous aurons la chance de voir fonctionner les décors,
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vue sur le pavillon du petit Trianon
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entrée du théâtre
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Il vient d'être entièrement restauré et s'il n'a pas été saccagé lors de la Révolution c'est que les décors sont en papier maché recouvert de peinture dorée
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la scène est très profonds et éclairée aux bougies (que l'on renouvelait tous les 3/4 d'heure)
les décors sont peints sur des toiles de lin
il possèdait 3 décors : un intérieur paysan, la forêt et le temple de Vénus
Marie-Antoinette y tenait toujours le rôle de la soubrette
Malheureusement on n'y donne plus de représentation

 Après manger, le Grand Appartement du Roi Soleil qui durant quelques mois a retrouvé l'éclat d'un mobilier d'argent grace aux prêts de la Reine du Danemark, de la Reine d'Angleterre, du Prince de Prusse et du Prince de Hanovre et de la Russie car le mobilier en argent massif de Louis XIV a eut une existence éphémère : les premières pièces furent commandées en 1664 ; le mobilier d'argent est installé à Versailles en 1980 et il fut fondu en 1689 pour financer la guerre.

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aiguières

Les cours d'Europe ont imité Louis XIV et ont toutes copié le mobilier de celui-ci mais pas en massif : la base est en bois recouvert d'argent, par endroit doré pour ne pas qu'il s'oxyde, d'autres meubles sont en argent repoussé, travaillé en feuille plus ou moins épaisse et mises en forme au marteau par emboutissage, souvent les décors sont ciselés ou gravés ou en filigranes, décor de fils de métal assemblés pour former un motif déterminé, appliqués ou fixés sur un fond de même métal, soit appliqués ou cloués sur le bois d'un meuble.

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voici une triade : miroir, table et guéridons et un fauteuil à plaque d'argent
le commanditaire fut MaximilienAugust de Brunswick-Lunebourg vers 1725
l'ensemble est la propriété du prince Ernst August de Hanovre

Le mobilier en argent existait déjà au XVIè siècle mais en petite quantité c'était des pièces exceptionnelles alors que Louis XIV a meublé des pièces entières en mobilier d'argent ; les premières commandes sont datées du début de son règne, dès 1664 : des pièces de buffets, des brancards (grandes civières à pieds et à bras pour 2 porteurs servant à transporter des vases par exemple), des aiguières et grands bassins, des torchères, des guéridons, des bancelles (petites banquettes à dossier et accotoires), des braseros,  des buires (grands vases à pieds à becs et anses pour le service du vin) caisse ou vase à oranger, candélabres, cassolettes (brûle-parfum), flambeaux, girandoles, plats d'apparat, torchères, plaques de lumière.

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écran de cheminée (vers 1725) Copenhague, collections royales du Danemark

Louis XIV possèdait, grâce aux réformes de Colbert, de grandes quantités d'argent provenant des mines du Pérou.
L'économie est florissante dans les années 1670 et favorise la création artistique jusqu'à l'apothéose, dans les années 1682-1689 (la galerie des glaces est achevée en 1684) et c'est pour des questions de prestige qu'il fait réaliser ce mobilier : il s'agit de montrer sa puissance, sa richesse au monde entier.

Les contemporains sont éblouis, éberlués par tant de luxe. Le grand appartement était entièrement meublé d'argent.

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Trône du sacre de Sophie Madeleine de Danemark (1731) Château de Rosenberg
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Lion du trône de Danemark
Cabinet et paire de guéridons (orfèvres inconnus)
guéridon (collections royales de Danemark) orfèvre Johann Bartermann (1708)

Les "soirées d'appartement" avaient lieu 4 heures durant, 3 soirs par semaine ; on s'y rendait sur invitation à 6 heures du soir. Après avoir emprunté l'escalier des Ambassadeurs on pénétrait dans la première pièce, le salon de Diane, où se trouvait une table de billard éclairée par des girandoles posées sur 4 guéridons. Il y avait une estrade et des vases à orangers. 

La collation se prenait dans le salon de Vénus attenant : fruits secs et fruits crus étaient disposés sur un buffet en argent.


Dans le 3ème salon, dit d'Abondance, on servait les boissons, vins, liqueurs, eaux de fruits et sorbets.

Le bal, c'est-à-dire des ballets de cour extrêmement codifiés, était organisé dans le salon de Mars.


Le salon d'Apollon était réservé aux jeux ou à la musique.

A Versailles au XVIIè siècle un bon millier de bougies étaient disposées dans le Grand Appartement. Pour l'exposition l'éclairage est travaillé de manière à se rapprocher le plus possible de l'intensité lumineuse de l'époque et le mobilier en argent accroche la lumière de manière exceptionnelle. José Garcia a créé des bougies électriques dont la flamme vascille et qui éclaire comme une vraie bougie, l'effet est plus vrai que nature.


Dans la galerie des glaces, le décorateur Jacques Garcia, scénographe de l'expositiion, a reconstitué le trône de Louis XIV grâce aux dessins de l'époque.

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Ca devait effectivement être impressionnant d'arriver dans la galerie des glaces, passer de chaque côté de gradins sur lesquels paradaient les courtisans et d'avancer vers le Roi-Soleil perché sur assis sur son trône posé sur une estrade
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splendide plafond peint par Le Brun qui a retrouvé tout le chatoiement de ses couleurs

Premier Peintre du Roi, Charles Le Brun joua un rôle fondamental dans la cration du mobilier d'argent. Ses dessins et quelques tapisseries, tissées sous sa direction, apportent de précieux témoignages sur les chefs-d'oeuvre disparus.

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La visite est terminée ; malheureusement, comme vous l'avez constaté les photos étaient interdites durant la visite de l'appartement du Roi j'ai donc pris ces photos d'après le livre souvenir que j'ai rapporté
L'ensemble est très réussi car remis dans le contexte de l'époque

 

 

25/01/2008

Banquet médiéval

Le 22 janvier, nous voila parties à AUVERS SUR OISE, vous savez ... Vincent VAN GOGH y a habité et y est enterré aux côtés de son frère Théo.

 Nous sommes attendues au restaurant "LE CHEMIN DES PEINTRES" anciennement "ROSE D'ECOSSE" pour y assister à un repas médiéval, Monsieur BIRLOUEZ, professeur de diététique sera notre conférencier pour nous donner des détails sur la nourriture et les us et coutumes de ce temps.

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Après un vin blanc au gingembre en apéritif on nous apporte des pichets d'hypocras (vin rouge aux épices) je vous dis tout de suite que ce vin se boit comme du petit lait et au bout d'un moment les visages ont rougi et la conversation s'est amplifiée.

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Devant nous, pas d'assiette, on pose le tranchoir (une épaisse tranche de pain)

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 puis le premier service arrive :

. petits dés de fruits, arboulastre en tarte (herbes aromatiques), faulx grenon.

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Suivent les potaiges lians :

. brouet de chapons, héricot d'agneau et poisson aigre-doux

arrivent ensuite les accompagnements :

. navés, potaige de courge, porée blanche

Puis pour terminer la desserte :

. blanc menger, taillis aux fruits secs, oublyes farcées.

 

En ce temps là le service à table est "à la française" c'est-à-dire que l'on dresse la table (des trétaux et des planches) dans une petite pièce s'il n'y a pas d'invités et dans la salle de réception si on est nombreux, maintenant le service est "à la russe" tout le monde mange autour d'une table et les mêmes mets.

Les personnes prennent place tous du même côté car entre les plats il y a des "entremets" : jongleurs, troubadours, cracheurs de feux ....

Et tous ne mangent pas la même chose ; le seigneur et les hôtes de marque verront poser devant eux des mets recherchés, puis d'autres plats seront présentés tout au long de la table avec des mets de moins en moins "nobles"

On partage souvent le verre, les cuillères (les fourchettes n'arriveront qu'avec Catherine de Médicis) les tranches de pains (d'où vient le mot "copain") les potaiges se sont les mets cuits dans des pots.


La route des épices est ouverte et plus on est riche plus on met d'épices dans les plats pour montrer sa fortune, c'est le caviar de l'époque.

Voici les graines de paradis, racine de galanguer et des macis (enveloppe de la muscade).

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Par contre le sucre n'existe pas on le remplace par le miel

Au Moyen Age il y avait de l'hygiène on faisait ses ablutions avant et après le repas et on avait très peur de l'empoisonnement.

On a écrit des viandiers (livres de cuisine contenant des recettes de viandes). Il y avait les jours maigres, de carême et les jours gras on l'on mangeait de la viande.

Tout ce que je peux vous dire c'est que tout était très bon et nous nous sommes régalées.


Pour finir, nous sommes allées dire un petit bonjour à Vincent et Théo au petit cimetière situé en haut de la Ville.

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En redescendant, nous nous sommes arrêtées à l'église, regardez comme Van Gogh l'a bien peinte.

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Malgré les regards circonspects du début du repas, nous avons toutes très bien mangé et très bien digéré.

 
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