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12/06/2007

Le Marais Nord

Décidément cette semaine de juin a été prolifique en promenade-conférence : aujourd'hui c'est le quartier du Temple que nous partons explorer.

Notre visite démarre à la Mairie du IIIème arrondissement, devant le square du Temple.

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Ce quartier a toujours été très populaire et bien qu'il soit beaucoup rénové, il n'est pas "branché" comme le Marais de la Place des Vosges bien que le prix du mètre carré ait flambé aussi.
Dès le XIIème siècle les Templiers ont obtenu la propriété de 7 ha de terrain sur lesquels ils ont construit leur siège en Europe, ceints d'une muraille et à l'intérieur de laquelle s'élevait une tour carrée de 15 mètres de côté et
haute de 50 mètres.
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(maquette)

En 1307 le Roi Philippe Le Bel ordonne l'arrestation des templiers qui seront remplacés par l'ordre de Saint Jean de Jérusalem (qui deviendra l'Ordre de Malte). A l'intérieur de l'enceinte se construisent des boutiques d'artisans bijoutiers principalement car cette propriété est construite hors les murs de Paris et donc exonérée d'impôts.
En 1667 la muraille est abattue et les jardins remis en état. A la révolution la propriété deviendra propriété nationale
En 1792 et jusqu'en 1808 la tour sera une prison d'état ; le 13 août 1792 la famille royale y est conduite.
Le 21 janvier 1793 le Roi Louis XVI est conduit à l'échaffaud, la Reine Marie-Antoinette sera transférée à la conciergerie ainsi que Madame Elisabeth, soeur du Roi, et c'est au Temple que Louis XVII mourra certainement. En 1809 Napoléon fera démolir la tour.
Louis XVIII fera don de la propriété à la Princesse de Condé qui y installera les Soeurs Bénédictines du Saint Sacrement. Puis ce sera une caserne et ensuite un établissement de bains. Sous le second Empire tout sera rasé et la mairie actuelle sera construite et le square ré-aménagé.
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Le carreau du Temple
Au Moyen Age le Carreau du Temple désigne le marché de plein air où les marchands déballent leur friperie.
En 1788 la rotonde du Temple est construite mais ce bâtiment est bientôt trop exigu et l'architecte Molinos est chargé dériger de nouveaux bâtiments. 4 pavillons en bois sont édifiés en 1809 : le Palais Royal pour la dentelle et les soieries, le Pavillon de Flore pour la literie et les cotonnades, le Pou Volant pour la friperie et enfin la Forêt Noire pour les vieux cuirs. On peut trouver son bonheur pour peu cher et toute une population pittoresque y évolue.
Jugés insalubres, les pavillons et la Rotonde seront détuits sous le second empire. En 1863, sous l'impulsion du Baron Haussmann des édifices en fer, fonte et verre remplacent ceux en bois, sur 23.000 m2 l'ensemble comprend 6 pavillons où se cotoient 2400 boutiques mais ce nouvel édifice ne trouve pas son public, la clientèle ne retrouve pas son vieux carreau ; mais grace à la Bourse des pieds humides et de la défroque, le Carreau retrouve sa vocation.
En 1904 la première foire de Paris a lieu dans l'édifice mais 4 des 6 pavillons sont détruits ; en 1981 une partie des pavillons restant sont restaurés et classés momuments historiques.
Aujourd'hui des marchands déposent principalement des vêtements en cuir "jusqu'à la cloche de midi" et le dimanche toute la journée
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Derrière les grilles ont aperçoit les pavillons qui ont été restaurés et classés Monuments historiques
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C'est dans cet immeuble qui dépend du Ministère des Finances que sont poinçonnés tous les objets en or
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admirez la superbe porte en fer forgé représentant des feuilles de laurier
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Et son fronton tout sculpté
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Quand on se promène dans Paris il faut souvent avoir le nez en l'air pour admirer les sculptures ici il y a un cadran
solaire en haut l'aurore et en bas, caché par les arbres, le crépuscule
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Un autre très bel immeuble au fronton tout sculpté.
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Petite place ombragée de la rue de la Corderie où en bas de chaque immeuble il y avait un atelier
Aujourd'hui, restaurés ils sont soient reconvertis à l'habitation, soit ils redeviennent des boutiques "branchées"
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autre petite place avec une jolie fontaine Wallace
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Ancien hôtel particulier du 17ème siècle en forme de U et à double entrée qui est devenu aujourd'hui une école primaire
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ancienne fontaine comme on en trouve à certains carrefours, les parisiens n'avaient que ces fontaines où venir chercher leur eau
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une immeuble typique que l'on trouvait dans le Paris des années 50-60 : l'atelier dans une cour fermée
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en voici un restauré
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dont l'intérieur a été transformé en galerie de peinture
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Passé la porte cochère, dans la cour la fontaine qui souvent était le seul point d'eau de l'immeuble
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autre jolie cour dont l'escalier est en réfection
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mais beaucoup d'hôtels particuliers ou même d'immeubles de rapport réhabilités ont leur porte cochère fermée par digicode et on ne peut plus entrer ... dommage pour nous ! mais tranquilité pour les propriétaires
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Comme vous le voyez il reste encore à réhabiliter des immeubles vétustes
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une vieille sente avec ses pavés d'origine
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On ne dirait pas mais trois immeubles mitoyens avec leur boutique ont été transformés en un hôtel de luxe décoré par Christian Lacroix
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Un dernière belle porte cochère
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Dans une cour : la loge de la concierge
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Voila je crois, l'appartement idéal : dans une rue calme avec une terrasse fleurie ... qu'en dites vous ?

09/06/2007

Exposition LALIQUE

Aujourd'hui, 6 juin, je vais visiter l'exposition des bijoux de René LALIQUE, né à AY en 1860, décédé à PARIS en 1945, le Maître incontesté du verre à feu comme le disait Colette.

Enfant il s'intéressait à la nature qui l'environnait aussi bien les fleurs que les petits insectes et très vite il a dessiné. En 1876 sont père décède et il entre dans la vie professionnelle tout naturellement chez un bijoutier pour un apprentissage de 2 ans, en même temps il suit des cours à l'Ecole des arts décoratifs puis part pour l'Angleterre au collège de Sydenham, célèbre pour l'enseignement de technique artistique et d'artisanat.

De retour à Paris, il s'associe à un ami qu'il quitte rapidement pour s'installer à son propre compte. Il dessine chez lui et place ses dessins chez les bijoutiers qui très vite le remarquent ; ces dessins sont présentés à l'Exposition nationale des arts industriels.

Il reprend l'atelier de joaillerie d'un client ou tout est en place : le matériel complet, des ouvriers compétents, il a 25 ans et bientôt Paris est à ses pieds, surtout les femmes pour qui il dessine et réalise de merveilleuses parures

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Les bijoux de Lalique sont difficilement portables pour le commun des mortels mais les mannequins, les divas, les peoples de ce temps là : Sarah Bernhardt, Colette, Liane de Pougy, Mme Waldeck-Rousseau et Mme Barthou, épouses de Présidents du Conseil successifs .... s'affichent dans tout Paris avec ses bijoux
Il sera très créatif et emploiera l'émail, le verre, l'argent, l'opale, les perles, le lapis-lazzuli, le quartz, l'améthyste et bien sur l'or, Colette l'appelle "le Rodin des transparences".
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Pendant de cou "Poissons" verre, or, émail (collection particulière New York)
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"Princesse lointaine", pendant de cou or, émail, diament, améthyste, collection particulière New York)
A partir de 1905 Lalique délaisse les bijoux pour se lancer dans une autre aventure, l'architecture du verre. Cette nouvelle passion le tiendra jusqu'à sa mort . Il loue puis achète une verrerie à COMBS LA VILLE et devient un industriel du verre.
Il décore des églises, vitraux, chemins de croix. Il habille le salon des permières classes du célèbre paquebot NORMANDIE, symbole du luxe et orgueil du savoir-faire français.
 
En 1908 le parfumeur Coty lui commande un flacon pour la permière fois, le contenant aura plus de prix que le contenu.
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flacon "feuilles de fougère et buste de femme"

31/05/2007

Centre historique minier de LEWARDE

Aujourd'hui, mardi 29 mai, nous nous sommes levés aux aurores car nous partons avec notre Association dans le Nord : visite d'une Mine qui est devenue le Centre historique minier de LEWARDE, près de CAMBRAI que nous irons visiter après et dont nous rapporterons des "Bêtises". Nous descendrons dans la fosse Delloye qui a fermé en 1990. elle employait 1000 mineurs qui exploitaient une tonne de charbon par mineur et par jour soit 8.000.000 tonnes de charbon en 40 ans d'exploitation. Elle faisait 480 mètres de profondeur.

Ce centre minier retrace les trois âges de la mine :

C'est en 1660 que le premier filon de charbon a été trouvé dans le Nord de la France, mais les véritables débuts de l'exploitation charbonnière ont lieu près de Valenciennes.
En 1757 le Vicomte Désandrouin, le Prince de Croÿ qui a revendiqué ses droits sur le sous-sol, et d'autres actionnaires fondent la première compagnie des mines du Nord, la COMPAGNIE D'ANZIN.
A la veille de la révolution française, cette compagnie livre près de la moitié de la production française de charbon.

A cette époque les mineurs sont de vrais esclaves : tôt le matin les "ouvriers à la veine" ou "abatteurs" responsables de l'extraction du charbon, effectuent leur descente au fond en empruntant une série d'échelles fixées à la paroi du puits, ils gagnent leur poste au terme d'un long et pénible parcours dans le labyrinthe des galeries.

Les "hercheurs" les rejoigent 2 h plus tard pour commencer à transporter les produits abattus : roches et charbon, placés dans des wagonnets ceux-ci sont remontés à la surface à l'aide de tonnaux "cuffats" tirés par des chevaux.

Le XIXème siècle voit la montée en puissance des compagnies minières, au fond les techniques d'abattage n'évoluent guère et la croissance de la production passe par l'augmentation de la main-d'oeuvre. Les progrès techniques concernent surtout la remontée des produits ou le pompage de l'eau dans les galeries, avec la mise au point de machines à vapeur toujours plus puissantes.

Au milieu du XIXème siècle l'apparition de cages "guidées" descendant dans les puits permet de simplifier le transport du matériel et des produits extraits mais aussi d'assurer la descente du personnel sans fatigue et dans de meilleures conditions.

Au jour, les femmes définitivement exclues du fond par la législation en 1892 et les jeunes garçons, trient les produits abattus. Différents textes de loi tendent peu à peu à limiter le travail des enfants et à interdire la descente aux plus jeunes.

A partir de 1860 la libéralisation progressive de la législation (droit de grève accordé en 1864, liberté syndicale en 1884) facilite l'émergence de mouvements revendicatifs. En 1891 est signé à ARRAS une première convention collective du travail  qui annonce la mise en oeuvre d'une loi portant sur la création de caisses de secours et d'un régime de retraite.

Pour attirer et conserver la main-d'oeuvre on construit des habitations de bonne qualité et le mineur est pris en charge dès le berceau pour sa vie (qui malheureusement n'atteint que très rarement les 60 ans) : aux dispensaires, à l'école, aux épiceries et aux bains publics. Des gratifications en argent et en nature sont octroyées aux familles méritantes et des loisirs sont aussi proposés : associations sportives et colombophiles.

Au XXème siècle le Nord Pas de Calais est le premier bassin minier français, assurant les trois quarts de la production nationale. Les charbonnages connaissent une période de grande prospérité et réalisent de gros investissements mais cet élan va être brisé par la Première Guerre mondiale. De 1914 à 1918 la bassin houiller est traversé par le front.

A la fin de la guerre le spectacle est désolant : galeries noyées, bâtiments rasés, cités et voies de communication anéanties. Tout est à refaire. Certaines compagnies en profitent pour se moderniser.
La guerre a provoqué d'énormes pertes humaines et les compagnies embauchent massivement des ouvriers étrangers.
En 1930, 55 millions de tonnes de charbon sont extraites en France, record qui tiendra jusqu'en 1952. Passé cette date, la période est marquée par la crise économique mondiale, la demande en charbon décroit, le chômage s'installe .

Entre 1940 et 1944 le Nord Pas de Calais subit une présence militaire massive, doublée d'une exploitation économique systématique : la production est poussée au maximum, tout contre-pouvoir syndical balayé. Les compagnies pressurent les ouvriers et se discréditent totalement, leur nationalisation paraîtra inéluctable à la Libération.

En 1945 les charbonnages sont très affaiblis. Mais le charbon reste l'énergie dominante et le bassin minier s'engage dans la bataille du charbon et contribue au redémarrage économique du pays.

Mais des grèves très dures en 1947 et 1948 ont eu lieu à cause du durcissement de la discipline imposé par les Houillères combiné à la publication de différentes mesures gouvernementales visant à modifier le régime social des mineurs.

Entre 1948 et 1952 les Charbonnages modernisent leurs équipements : au fond l'électricité remplace l'air comprimé, des chantiers d'abattage mécanisés succèdent aux marteaux piqueurs quand la nature du sous-sol le permet, l'arrosage des chantiers, la télégrisoumétrie et la surveillance de l'atmosphère sont pratiqués.

Mais il faut descendre de plus en plus profond pour trouver  des veines exploitables et il devient plus intéressant d'importer du charbon que de l'extraire tandis que le pétrole et le gaz naturel ne cessent de gagner du terrain.

Au début des année 60 la fermeture des mines de charbon paraît inéluctable. La grève de 1963, dernier grand conflitn est suivie massivement par les ouvriers et leurs ingénieurs, il s'agit d'un baroud d'honneur. Les jeunes se détournent de la mine et dans les années 60-70 les Houillères recrutent 78000 travailleurs marocains en CDD, donc embauchés sans titularisation, au gré des aléas de la production. Mais ces travailleurs finissent par obtenir le statut du mineur n 1980 suite à une grève revendicative.

La dernière berline est remontée à OIGNIES le 21 décembre 1990. C'est en 2004 que la dernière mine de Lorraine fermera.

A l'heure actuelle le premier producteur de charbon est la CHINE mais les travailleurs chinois travaillent dans des conditions déplorables.

Ce fut une visite très impressionnante ; la première partie "en surface" est faite avec une jeune fille qui nous présente le "carreau" de la Mine,

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La verrière a été rajoutée pour exposer des machines ; on voit les tours : celle de gauche servant à la descente dans les galeries et chantiers d'exploitation du fond, une 2ème tour était toujours creusée en même temps pour permettre la ventilation des galeries 
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Ensuite elle nous conduit dans la salle des pendus pour nous montrer l'endroit où les mineurs laissaient leurs vêtements
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On comprend bien pourquoi c'est "la salle des pendus"
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Tout autour de la pièce des douches sont installées
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Puis, elle nous conduit à la Lampisterie où sont rangées toutes les lampes qui étaient distribuées aux mineurs contre un jeton à leur chiffre
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En partant de la droite vous voyez l'évolution des lampes : la toute première ça n'était qu'une simple bougie, puis ce fut l'huile,
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puis ce fut la benzine
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et enfin l'électricité
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Voici une pompe à incendie
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voici le passage qui permettait aux mineurs de passer de la fosse aux bâtiments administratifs et aux douches ; ils ont toujours demandé à ce qu'il soit couvert car de 40° dans le fond, à des fois en hiver -10° (voire moins) il fallait forcément emprunter ce passage et vous voyez qu'ils n'ont jamais obtenu gain de cause
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Notre accompagnatrice nous confie ensuite à un ancien mineur, bénévole, qui nous fera descendre dans la fosse et nous expliquera son dur métier
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Il nous faut mettre un casque pour la visite de la fosse, voici donc mon "mineur"
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et bien sur, je n'échappe pas au port du casque
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Nous partons pour la fosse en petit train (mais du temps de l'exploitation il n'existait pas les mineurs allaient à pied)
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voici une ancienne "cage" avec laquelle les mineurs descendaient au fond
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les wagonnets appelés "berlines" qui remontaient le charbon mais aux 18ème siècle s'étaient les femmes et les petits garçons des mineurs (à partir de è ans) qui remontaient en poussant ces berlines et qui triaient les charbons et les pierres
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c'est l'instrument qui servait à descendre les étais et autres outils nécessaires et à remonter parfois un homme
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Jusqu'en 1847 les chevaux restaient au fond de la mine en permanence il tirait 12 wagons ; on leur descendait nourriture et eau et lorsqu'on les remontaient définitivement on leur bandait les yeux de plusieurs bandeaux qu'on retirait un par un pour les habituer à nouveau à la lumière du jour.
Vous voyez le dernier cheval qui a été empaillé
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A partir de 1930 les outils ont été mécanisés les verins sont devenus en métal et hydrauliques, les marteaux piqueurs sont apparus et les trieuses électrifiées mais quel travail dur dans le noir complet, allongés ou assis dans un bruit assourdissant à respirer les poussières de charbon
Quel respect nous devons à ses hommes !
 
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